L'Oncle anglais :

Théophilus Josiah
EAST
alias Théophile Josias

( 1832 + 1912 )





Avant de retracer la vie de Théophile, je dois expliquer comment en 2011, par hasard, je suis  "tombé" sur cet oncle anglais.

Lors de recherches aux Archives Départementales de Vendée à la Roche sur Yon, j'avais comme voisin de table, Monsieur Jean-Michel CAQUINEAU, adhérent comme moi du Cercle Généalogique Vendéen. Il me présente alors une feuille de brouillon, déja imprimé en verso, et là je retrouve Françoise Ernestine CAQUINEAU, née en 1855 à Damvix (85), fille de Jean (1810 + 1890) et de Véronique MITTARD (1822 + 1892) mes aïeux, la tante maternelle de mon arrière grand père Augustin BOUCHET (1882 + 1957). Jusque lors, cette dernière était une de mes collatéraux pour laquelle je n'avais pas de devenir. En effet sa dernière trace datait du recensement de population de 1866 à Damvix, elle avait alors 11 ans à peine.
Sur cette feuille, j'apprends de façon partielle qu'elle a épousée en 1880 un anglais,
Théophile EAST, natif de Croscombe. Monsieur CAQUINEAU me dit alors qu'il n'a pas investigué plus cette union.
En résumé, je me retrouve avec cette collatérale qui s'est unie en 1880 avec un anglais mais où ? En France ? En Angleterre ??.... Je me retrouvais donc avec une nouvelle énigme...



Après plusieurs mois de recherches je vous propose de suivre la vie de Théophile,
et vous allez pouvoir en savoir plus sur son union avec Françoise ...




Sa famille ... son enfance ...

Théophilus Josiah
EAST, alias Théophile, est né le 6 janvier 1832 à Croscombe dans le comté du Somerset en Angleterre, il est le second fils du Révérend John EAST, pasteur et recteur de la paroisse, et de Anne DAY, qui se sont mariés le 16 septembre 1823 en l'église St Philip et St Jacob de Bristol, comté du Gloucester. John était alors veuf en premières noces.



en 1834

Le Révérend John EAST,
baptisé le 28 juillet 1793, fils aîné de William de la paroisse St Martin in the Fields de Westminster à Londres, et d'Ann RIPPEN, mariés le 23 septembre 1792.

Entre en octobre 1811 à St Edmund Hall, université d'Oxford,
obtient son Baccalauréat ès Arts (B.A.) en 1816 puis
son Master ès Arts (M.A.) en 1819.


Le couple EAST - DAY, a eu 3 filles, baptisées en l'église St Philip et St Jacob de Bristol :
Le couple EAST - DAY s'installe à Croscombe vers 1828-1829, à une petite quarantaine de kilomètres de Bristol.

Théophile a un frère ainé, John Wilie alias James, né le 21 octobre 1829 à Croscombe.
Ce dernier fera carrière dans la Royal Navy : Aspirant en 1845, sous-lieutenant en 1851, Lieutenant en 1854, Commandant en 1863 puis Capitaine en 1871 enfin capitaine à la retraite en 1884, puis retraité Contre-Admiral en 1888.
Les faits marquants de sa carrière sont les suivants :
Anne DAY, la mère de Théophile, décède à Croscombe le 21 septembre 1836, Théophile a seulement 4 ans et demi !

Par la suite, la famille EAST s'installe à Bath à une trentaine de kilomêtres de Croscombe, où John devient  curé de la paroisse St Michaël de Bath, dont l
a nouvelle église fut consacrée le 4 Janvier 1837 lors d'une cérémonie en présence du maire de la ville.  
Grâce à l'énergie de son curé, l''église a élargi ses activités et a ouvert une école dans Broad Street en 1841 et qui a perduré jusqu'en 1913.
En 1843, John EAST devient recteur de la paroisse St Michaël de Bath, quand l'église est devenue une paroisse indépendante pour la première fois depuis la Réforme.

Ste Mary de Croscombe St Michaël de Bath

John EAST est l'auteur de nombreux écrits dont les suivants :
Pour écrire ce dernier, John EAST séjourne en Irlande en 1847, où il est acceuilli par le Révérend TOUWSEND dans sa résidence à Derry, sur une colline qui surplombe la petite ville de Rosscarbery.

Le révérend John EAST, meurt le 21 février 1856 à Bath à l'âge de 62 ans, il est enterré dans la crypte de l'église St Michaël.

Théophile, pendant ce temps a grandi ... après le décès de sa mère, il a dû être placé en pension, en effet en 1841, pour le recensement, à l'âge de 9 ans, on le retrouve dans la paroisse de Leckhampton, à Charlton Kings dans la banlieue de Cheltenham à plus de 80 kilomètres de Bath ...

Vue des alentours de Cheltenham

Ses études ... son mariage ...

Maintenant adolescent, Théophile s'inscrit en décembre 1849, à lâge de 17 ans au Corpus Christi collège d'Oxford.

Seulement quelques mois après, il se marie à l'âge de 18 ans, le 13 mai 1850 avec Sarah Ann THOMPSON, jeune fille de 18 ans aussi, en l'église St Martin in the Fields de Westminster à Londres (dans la même église où ses grand parents se sont unis en 1792).

Ce mariage précoce est -il un mariage d'amour ou un mariage arrangé par les familles des  jeunes époux ??
  Facade de St Martin in the Fields à Westminster, quartier londonnien (en 1888)

Après cette union, le couple part s'installer à Bath, près du père de Théophile, le révérend John EAST.

Là, Théophile continue ses études au Lycée de la ville, The Bath Grammar school.

The Bath Grammar school en 1842

Les années passent et en février 1854, Théophile à l'âge de 22 ans, s'inscrit au Trinity Collège à l'université de Cambridge. Il a comme tuteur Monsieur ATKINSON.

Pendant ses études, Théophile perds son père en 1856.

Après 4 années d"études, Théophile obtient son Baccalauréat ès Arts (B.A.) en mai 1858.
Du point de vue familiale, le couple EAST - THOMPSON n'a toujours pas d'enfant après plusieurs années de mariage.

Après l'obtention de son B.A., Théophile et son épouse Sarah Ann partent en France, car "le climat de l'Angleterre est nuisible à la santé de cette dernière".

Son départ et son installation en France


Plage de Dieppe en 1854
Le couple s'installe, dans un premier temps, en juin 1858 à Dieppe, en Seine Maritime, nouveau lieu de villégiature à la mode à cette époque.
6 mois plus tard, le 13 décembre, 
ils arrivent à Colmar, dans le Haut-Rhin, où ils habitent au 7 rue de la vieille poste.
Théophile
y est maître privé de langue anglaise.

Hôtel de ville de Colmar

Dès le 8 mars 1859, Théophile fait une demande de poste de professeur d'anglais auprès du ministère de l'Instruction publique.
De part cette demande on apprends : "Quoique ses revenus lui suffisent pour subsister, il ne peut dans la force de l'âge, se résigner a passer sa vie à ne pas travailler, c'est ce qui fait qu'il prend la liberté d'offrir ses services à la France, cette noble et généreuse alliée de son pays ..."
Le 30 septembre suivant, il réitère sa demande. Le couple habite alors 10 rue des Juifs.

Le 14 avril 1860, le ministère de L'Instruction publique lui donne l'équivalence "basse" de son B.A., le baccalauréat ès Lettres.
le 26 juin suivant, suite à cette obtention, il se porte candidat auprès du ministère pour le poste de la chaire d'Anglais du Lycée de Colmar qui va se trouver vacant à la fin de cette année. Par un courrier du 4 juillet, le recteur d'Académie soutient la candidature de Théophile avec les éléments suivants :"homme d'excellente tenue, marié, ayant quelque fortune, connaissant suffisament notre littérature et notre grammaire, parlant sa langue maternelle avec une pureté, pureté qui rendrait ses leçons précieuses pour nos élèves. Si Mr EAST, ne désirait point rester à Colmar, où de graves intérêts le retiennent et où il est en grande estime parmi les familles notables appartenant au Commerce et à l'industrie, je l'aurais proposer pour le Lycée de Strasbourg ..."
Le 6 octobre, Théophile réitère sa candidature. A cet époque le couple vit au 10 rue Pfeffel.
le 15 octobre, Théophile obtient par concours et par arrété ministériel le certificat d'aptitude à l''enseignement de la langue anglaise avec l'appréciation suivante : "style anglais excellent mais français incomplet, professeur calme mais très convenable."

En avril 1861, le recteur d'Academie de Caen, lui attribue un poste de chargé de cours d'Anglais et d'Allemand au collège de Dieppe, suite à la démission du professeur en poste Mr ARLINGTON.
Théophile prends son poste dès le 1er mai, dans cette ville qu'il a connue quelques années auparavant lors de son arrivée en France.
Son poste de professeur d'anglais audit collège lui est attribué par arrété ministériel dès le 4 janvier 1862 : Théophile entre définitivement dans l'instruction publique pour ses 30 ans !!

Sa carrière ... son tour de France ...

Dès son entrée dans l'instruction publique, Théophile va changer régulièrement, voir annuellement de ville, souvent pour raison familiale. En effet on sait que la santé de sa femme Sarah Ann est fragile, comme le prouve les courriers que Théophile envois à son administration pour ses diverses demandes ....

Dès le 8 janvier 1862, Théophile écrit au ministère pour obtenir une chaire de professeur d'anglais dans un lycée de France, il demande de préférence un lycée dans le midi ou dans l'est pour qu'il continue l'étude de la lanque allemande en vue de l'obtention d'un certificat d'aptitude à l'enseignement de cette langue, ou même le lycée d'Alger. Sa demande est appuyée favorablement par le recteur d'académie mentionnant que Théophile "s'est fait avantageusement apprécier à Dieppe par son enseignement comme par sa conduite".
En mars, Théophile réitère sa demande, en spécifiant qu'il désirerait la chaire d'anglais du futur lycée de Vesoul, en Haute Saône, qui doit être ériger bientôt, cela lui permettrait de se rapprocher de l'Allemagne et de la partie de France qu'il n'a quitté que pour enfin commencer sa carrière.

Le 26 juin, par arrété ministériel, Théophile obtient son premier poste de professeur d'Anglais en lycée, ce sera au lycée Impérial de Fontanes de la ville Niort, dans les Deux-Sèvres, ce lycée fut ouvert le 1er octobre précédent. Théophile accuse réception de cette nomination le 10 juillet et arrive audit lycée pour sa prise de fonction le 15.


Théophile, pensant n'obtenir un changement de poste qu'après les vacances; part seul sur Niort prendre son poste, laissant sa femme souffrante à Dieppe. Pour cette raison, dès le 17, il demande auprès du ministère une indemnité pour frais de déplacements en donnant pour motifs : "j'ai donc du partir seul, ma femme étant très souffrante, et je serais forcé de retourner à Dieppe, aussitôt l'année terminée, pour rêgler des affaires que mon départ si inattendu m'a forcé de négliger et que la mauvaise santé de ma femme l'empêche de surveiller ; ce qui m'obligera à faire trois fois le voyage..."

Le 1er mai 1863, Théophile demande le poste de professeur d'anglais du lycée de Limoges en Haute Vienne, le sachant vacant. Il obtient le poste dès le 18 mai. Il part de suite pour Limoges, laissant sa femme à Niort.
Aussitôt arrivé en poste, Théophile reçoit un télégramme lui indiquant que sa femme Sarah Ann est "dangereusement malade", il obtient début juin un congé exceptionnel pour la rejoindre.
De retour à Limoges, sa propre santé n'est pas au beau fixe, on apprends que Théophile est "faible de poitrine" et que la région ne lui convient guère. En février 1864, il demande un congé sans traitement qu'il obtient par arrété ministériel du 13, il rentre sur Niort où sa femme était restée. A cette époque ils vivent dans le quartier de la Tour Chabot.

Le 7 septembre, Théophile demande au ministère le poste de professeur d'anglais du lycée de Pau, en justifiant que le climat lui serais plus favorable que celui de Limoges, ou au pire de lui accorder de nouveau le poste au lycée Fontanes à Niort, où "des circonstances inattendues l'ont rendu propriétaire de biens assez considérables".
Le 12 octobre, il est nommé en poste au lycée d'Auch dans le Gers pour la rentrée en date du 24.

A la fin de l'année scolaire en septembre 1865, l'inspecteur d'académie de Toulouse apprécie Théophile de la façon suivante "ce maitre est bien jeune et l'on doit espérer que l'expérience et que l'habitude de l'enseignement venant à son aide, il acquiera les qualités qui lui font encore défaut'.
Début octobre, Théophile demande au ministère la chaire d'anglais du lycée de Toulouse, dont le poste va être vacant, de plus Théophile mentionne qu'il vient de passer les épreuves de l'aggrégation. Sur cette demande, on apprends que Théophile et sa femme vivent toujours à la Tour Chabot à Niort.
Quelques jours plus tard, le ministère le nomme au lycée de Lyon dans le Rhône pour la rentrée de fin octobre.

Durant l'année 1866, Théophile obtient l'agrégation d'anglais et la licence ès lettres en 2e position.
Pendant son passage au lycée de Lyon, le recteur d'académie trouve Théophile "gentleman, timide et avec une froideur anglaise".
Le 10 septembre, Théophile fait part au ministère de sa crainte d'une nomination dans un lycée du Nord suite à l'obtention de son agrégation et de sa licence, et demande donc soit de le laisser en poste à Lyon soit un poste sur Toulouse.
Le 22 septembre suivant, Théophile ayant appris la vacance de poste de professorat au lycée de Nice, il en fait la demande auprès du ministère en justifiant sa demande "que le climat de Nice conviendrait  tout spécialement à la santé de sa femme", et que si son poste à Lyon n'était pas renouveller, ni un poste à Toulouse, le poste de Nice lui conviendrait.

Pour les années scolaires 1866-1867 et 1867-1868, Théophile reste en poste au lycée de Lyon avec le titre de professeur divisionnaire d'anglais.
Début 1868, il demande son retour au lycée Fontanes de Niort, il obtient le poste pour la rentrée après les vacances de Pâques, par arrété ministériel du 6 avril.

Là, le couple va "enfin" rester sans mutation pendant 7 ans !
Durant ces années, le couple vit Rue de Ribray à Niort. Pour le recensement de population de 1872, on apprends que le couple vit avec une nièce native de Paris, Céleste COYRIERE âgée de 11 ans et une domestique Eugénie BERGER 31 ans, née au Busseau dans les Deux-Sèvres.

Recensement de Population de la ville de Niort en 1872

A cette même époque, Jean CAQUINEAU et son épouse Véronique MITTARD, sont éclusiers à la Tiffardière de St Liguaire à quelques kilomètres de la rue de Ribray. Leur fille Françoise, âgée de 17 ans, doit être domestique sur la ville de Niort.
C'est donc entre 1872 et début 1875, que le couple EAST prends comme domestique Françoise CAQUINEAU !

A SUIVRE ...

Retour à l'accueil


© 2015 Frédéric PONTOIZEAU